samedi 12 mars 2011

Vieilleries retrouvées.

"Il fait chaud. Chaud, chaud comme jamais. On étouffe ici, on suffoque, on se liquéfie. Chaque parcelle de mon corps s’évapore, fond, dégouline le long de ma peau caramel tandis que le soleil me dore. Me dévore. Peut-on se fondre en lui ? S’offrir à cette puissante lampe qui m’assèche ? L’eau que je fais couler dans ma bouche est fraiche, et je la sens dévaler les parois de ma gorge, doucement, lentement, comme si elle voulait s’y attarder, longuement, patiemment. Elle veut me soulager de mon étouffante torpeur, mais il faudrait pour cela que je m’immerge en elle. Je la regarde, la contemple. Fascinantes petites molécules essentielles, vitales. Eau. H2O. O. Haut. Bas. La tête me tourne, je n’y vois plus bien. L’astre violent m’assène des coups, je ne fais pas le poids. Je m’écrase au sol. Mes yeux aimeraient se fermer, mais je n’en ai plus la force. Ma vision se trouble, s’efface. Je me sens partir, à mesure que ce liquide chaud, brulant, terrifiant vient caresser mon visage. De l’eau ? H2O ? O ? Non. Du sang. Mais déjà, je m’envole. L’astre terrifiant m’appelle, sa chaleur me brûle et je veux me consumer. Je ne peux plus attendre. La chaleur me dévore et me terrifie, mais je dois la pousser à son apogée. J’accélère, j’accélère, et… Là. Dans une explosion, j’y suis. La chaleur ne m’effraie plus, ne me brûle plus. J’ai atteint un niveau de plénitude indescriptible. Je me sens une et infinie, sage, et absolue.

Je suis l’astre solaire."

© Casgan

2 commentaires:

Unknown a dit…

J'aime. Le texte coule, la construction sonore du texte est intéressante et cela souligne le malaise que l'on ressent en lisant.
J'aime quand tu écris comme ça, ça te va bien.

Leïla a dit…

Euh le commentaire d'avant c'est moi, j'ai pas vu que j'étais connectée avec le profil d'un pote. :)